Le Chateau de Montségur

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 Tant que le soleil n'est pas couché

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Azalaïs
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Localisation : Carcassonne, Comté de Languedoc
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MessageSujet: Tant que le soleil n'est pas couché   22/05/06

[ Ce qui se passe spécifiquement à Montségur lors de la maladie d'Azalaïs http://forum.royaumesrenaissants.com/viewtopic.php?p=3044956#3044956 ]




La carriole avait parcouru les chemins à vive allure, selon les ordres d'Azalaïs, et malgré la certitude d'Aimery que cela était hautement néfaste étant donné l'était de santé de la châtelaine. Ils prirent le chemin plus plat et plus sûr pour monter jusqu'en haut du pog de Montségur, et une fois sur place, Aimery alla quérir tous les autres serviteurs qu'il pouvait trouver. Tous ensemble; ils montèrent Azalaïs jusque dans sa chambre, dans le donjon du château; et là l'allongèrent sur son lit. Elle était très pâle, et semblait lutter dans son sommeil contre des visions angoissantes. Ils se regardèrent, désolés d'un tel spectacle.

Aimery demanda alors de quérir dans la réserve de plantes les médecines qu'Azalaïs avait concoctées durant les jours qu'elle ne consacrait ni à l'étude, ni à ses beaux jardins suspendus. Il alla vers la fenêtre, c'était la fin de l'après midi; et ces jardins, juste en dessous de la chambre,embaumaient l'air délicatement. Le moi de mai était presque achevé et les aubépines avaient fanées. Il espérait que bientôt; de loin il verrait le seigneur Alandaros arriver. Perdu dans ses pensées, il sursauta d'entendre soudain la faible voix d'Azalaïs.


- Mon cher Aimery, s'il te plait; apporte moi ma plume et un peu de parchemin.

- Ma dame; vous devriez vous reposer; il n'est pas temps pour vous de vous fatiguer avec vos études.

- Ce ne sont pas mes études mon ami; je crains que notre baron n'arrive jamais à temps, avant la nuit. Je dois ... je dois lui écrire. Si il arrive ... et que je ne pourrais lui parler; alors vous lui remettrez cette lettre. Je me sens juste assez de force pour cela; allons.

Aimery alla chercher la plume,l'encre et le parchemin. Cette dame ne savait donc jamais s'arrêter, même quand il le fallait. Même fébrile, elle usait encor et toujours les dernières forces qu'il croyait déjà épuisées. Cette petite jeune femme à l'allure frêle avait donc une volonté de fer; pensa-t-il. Dans sa respiration sacadée, dans son visage tiré par la maladie; il y a avait de la noblesse qui émanait de tout son être. Il vint s'asseoir auprès d'elle, veiller à ses besoin, la soulager de potions. Et lorsqu'une bonne heure fut passée, le visage d'Azalaïs était constellé de sueur, chaque effort se lisait comme une douleur supplémentaire; mais elle termina sa lettre, qu'elle cacheta; et que le serviteur posa sur une table près de la porte.

Cela fait, Azalaïs eut un grand soupir de soulagement; comme si quelqu'un venait de lui oter soudainement tout le poids du monde de ses épaules. Elle se rallongea; plus paisible, et s'endormit un sourire aux lèvres. Le mal la tenait et l'emportait toujours plus en avant, mais à présent, il ne lui semblait plus ressentir de souffrance. Juste le sommeil; l'épuisement, le froid et le chaud mêlés.

Tout était calme dans la chambre, et les oiseaux du soir commençaient leur chant mélancolique.

Une histoire, c'est comme une fleur;
Elle nait, elle vit ...

L'instant était figé dans ce temps qui précède tous les néants.

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Alandaros

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MessageSujet: Re: Tant que le soleil n'est pas couché   22/05/06

Alandaros mis plusieurs heures à atteindre le château de Montségur. La respiration haletante, il se précipita vers l'aile Ouest de son château; c'est là que se trouvait les appartements de la châtelaine.

Arrivé près du logis de sa plus fidèle amie, un de ses serviteurs lui indiqua, la tête baissé, ou Dame Azalaïs reposait. Le cœur d'Alan ne cessait de battre trop rapidement depuis qu'il était parti à toute allure de Montpellier; arrivant près d'Azalaïs, il comprit que son cœur battait désormais pour deux...

Il prit la main de celle qui avait partagé jusqu'alors tous ces bonheurs, tous ces malheurs. Il sentit alors son corps perdre l'équilibre et sa tête vaciller, comme s'il avait été projeté dans le vide; mais en réalité, c'était Azalaïs, semblant si apaisée ainsi endormie, qu'il ne pouvait supporter de voir s‘en aller...

Comme si cette mort était la sienne, une quantité de souvenirs défilèrent en son esprit; leur rencontre à Carcassonne, le couché de soleil aux remparts, puis leur choix: le Catharisme et leurs causes perdues; ce visage si familier toujours bienveillant, comme intemporel. Tous deux dévoués au Catharisme, tout deux offrant leur vie pour la renaissance, la survie de leurs croyances... tout ça pour en arriver là.

Les fidèles cathares sous la pression de nombreux fanatiques avaient abandonné l'Église, c’était fuir ou mourrir à petits feux... Henael, Octave, Eros, Orazur, Clieste, Belibaste, Elsamarie, Stef, Coralie, Tokagero, Celeste, Wailer, Amaury... Tous avaient disparu si vite, ils ne restaient plus qu'eux... Désormais, il serait seul.

Des larmes commencèrent à couler... Il se rappela de ce jour ou il avait determiné le destin d'Azalaïs, sachant qu'elle l'écouterait, lui disant qu'elle devrait le suivre, qu'il lui donnera le consolatum: qu'elle devrait être parfaite. Et si ce jour-là, il l'avait embrassé, et si ce jour-là, il avait fait l'autre choix... Il se prit la tête entre ses mains, tout était de sa faute; il avait voulu protéger l‘Occitanie et lui rendre sa grandeur d‘antan, mais il n’avait finalement même pas été capable de protéger celle qui l’avait toujours aimé; il le savait, il ne méritait plus de vivre...

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Inspirateur du Renouveau Cathare,
Comte de Beaulieu, Baron de Montségur,
Duc d'Adaincourt, Baron de Savigny.

"Occitana per totjorn..e fin'Amor"
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Aimery



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MessageSujet: Re: Tant que le soleil n'est pas couché   22/05/06

Le fidèle serviteur était resté dans un coin sombre de la chambre; respectant le chagrin du maître des lieu. C'était la première fois qu'il le voyait ainsi pleurer. Lui aussi portait un lourd chagrin dans son coeur, car c'était dame Azalaïs qui demeureurait la plupart du temps au château, c'était elle qui lui donnait vie, qui veillait au bien-être des serviteurs du château; il lui revenait en mémoire certaines discutions qu'ils avaient eu, toujours amicales. Un silence religieux régnait à présent dans cette chambre que seule la faible lueur du soleil disparaissant dans le lointain éclairait encore.

Soudain, il lui revint en tête la lettre qu'Azalaïs avait écrite avant de s'endormir. Le sieur Alandaros n'avait pas dû la remarquer, ne s'occupant que de la malade.


- Veuillez m'excuser messire de troubler ainsi le calme de ce lieu; mais dame Azalaïs avait écrit ceci à votre intention, peu avant qu'elle ne replonge dans son lourd sommeil. Cela semble assez important manifestement, elle souhaitait que vous puissiez le lire si jamais ... enfin,si elle se trouvait dans l'incapacité de vous le dire de vive voix. Or je ne sais quand elle se réveillera ... en priant qu'elle se réveille, pensa-t-il sans oser l'ajouter.

Il alla chercher la lettre qui se trouvait sur la petite table et la tendit à Alandaros.

Voici ce que disait cette lettre :

Citation :
Mon cher Alandaros;

Si vous lisez cette lettre, c'est que pour l'une ou l'autre raison; je serai empêchée de dire ces mots en face de vous.

Tout d'abord, je vous en prie pardonnez moi. Pardonnez l'inquiétude que je vous donne, pardonnez le chagrin que vous ressentez peut être. Toujours, j'ai veillé à vous aider et vous soutenir de mon mieux, me faisant discrète pour mieux rester à vos côtés, pour ne jamais nuire à ce que vous désiriez accomplir. Je peux vous le dire à présent, voilà l'unique ambition que j'aie jamais eu; pouvoir demeurer près de vous.

De ce jour où nous nous sommes rencontrés, votre existence a bouleversé la mienne, tout comme la foi cathare qu'il y avait en moi et en vous. Je suis convaincue que c'est la Providence qui voulut que l'on se connaisse en cette vie. Nous avons accompli ensemble de grandes choses que jamais je ne regretterais, j'ai toujours vécu selon mes convictions les plus profondes, jamais je n'aurais pu les trahir.

De ce jour où vous avez souhaité me conserver à vos côtés en tant que parfaite cathare; j'ai été heureuse de savoir que désormais, nous serions liés jusqu'à la fin. Et j'étais heureuse de pouvoir oeuvrer, toujours plus; à notre foi si belle, notre foi qui ne parle que d'amour, qui ne cherche que l'amour.

Alandaros, nous avons toujours su tous deux, nous avons tant parlé par nos regards pour exprimer ce que chacun de nous ressentait. Pourtant, tout cela nous a toujours été interdit. Nous avons fait un choix, je suis fière d'arriver à ce jour en pouvant témoigner devant Dieu de l'avoir toujours honoré sans fléchir. Pourtant, vous avez vu le chagrin des pierres dans mes yeux.

Comment vous dire comme parfois j'aurais souhaité que tout ait été différent. Pardonnez moi une fois encore, car vous demeurerez peut être bientôt seul sur cette terre. C'est à force de veilles, de travail, et de négligeance de mes propres besoins que je me suis épuisée sans même m'en rendre compte. Or le corps, je ne le sais que trop à présent, ne peut toujours endurer cela. Pardonnez moi, car sans vouloir me l'avouer; j'ai souhaité me dissoudre dans le néant, oublier le poids de ma tâche et de mes sentiments. Je me suis entièrement dévouée à notre Eglise, elle avait besoin de moi, et vous aussi; même si vous étiez si souvent au loin.

Tout cela n'a plus d'importance à présent; je ne sais si je vous reverrai, mais je prie Dieu du fond de mon âme qu'il veuille bien m'accorder ce bonheur. Vos yeux me manquent à cette heure, votre sourire; vos mots silencieux qui à chaque fois éclairent mon coeur.

La fatigue ferme de nouveau mes paupières, cette fièvre est galopante et me prive de plus longtemps m'entretenir des joies que ma vie à vos côtés me procura. Seulement, maintenant que tout se termine surement, maintenant que je sais qu'il n'y a plus péché; ces mots que j'ai tant chuchotté dans le secret de mon âme et de mon coeur, ces mots interdits; si je dois m'en aller, je veux faire d'eux les dernières paroles que vous recevrez de moi.

Alandaros, je vous aime, chaque jour que Dieu m'a donné et même lorsque le souffle m'aura quitté.

Où que j'aille, quoi que vous fassiez; que jamais vous n'oubliez que l'amour ne passera jamais.

Votre dévouée Azalaïs
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Alandaros

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MessageSujet: Re: Tant que le soleil n'est pas couché   22/05/06

Tout était clair, Azalaïs avait épris son esprit telle l'âme soeur qu'elle avait toujours été pour lui; tout était si clair, il l'avait tout autant comprise au plus profond de lui. Pourquoi maintenant, pourquoi seulement maintenant... Alandaros se sentait à jamais perdu, il espérait même que toute cette douleur, ces ignobles regrets cessent immédiatement, qu'il puisse en finir; qu'il la rejoigne.

Mais il avait beau fermer les yeux, ne plus vouloir cette réalité qui lui semblait si injuste; il était toujours là, elle ne l'était plus. Il serra sa main plus fort, l'embrassa sur le front. Si elle ne s'en sortait pas, il n'aura jamais pu lui avouer ce qu'elle-même avait su faire par cette lettre, femme qui jusqu'au bout n'oublie rien; jamais.


- Azalaïs... Je souhaiterais tout recommencer, il y a tant de dissonances dans cette mélodie qui aurait dû vous bercer, vous ne méritiez rien de tout cela. A force de vouloir trop en faire, j'avais oublié que nous ne sommes qu'un court temps ici bas... Je nous croyais invincibles, intemporels; nous avons tellement subi, nous en avons tellement fait... La nuit s’est approché rapidement sans que je puisse m’en rende compte; je me sens à présent pris d’une passion qui semble émaner d’une flamme qui ne saurait jamais se consumer. Azalaïs, je vous en prie; revenez à moi, et plus jamais nous ne nous égarerons, à jamais je serais à vos cotés. Seigneur, donnez-nous la chance de vivre l'histoire que nous n'avons pu choisir...

Il la regarda longuement, les larmes coulaient, il ne pouvait y croire, refusait d'y croire, se disairt qu'il allait la rejoindre, qu'il ne pourrait vivre avec tant de remords, tant de fautes; que depuis toujours, Azalaïs était celle qui aurait dû prendre la plus grande importance dans sa vie, qu'il aurait du lui dire et qu'il aurait dû être à ses cotés chaque jour se faisant. D'un ultime souffle, il récita la plus grande vérité:

- Quand je parlerai les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas l'amour, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou symbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens en aumône, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas l'amour, cela ne sert à rien.

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Azalaïs
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MessageSujet: Re: Tant que le soleil n'est pas couché   22/05/06

Azalaïs voguait dans un brouillard cotonneux, ici et là, sans savoir depuis combien de temps elle s'y trouvait. Le silence seul l'accompagnait. Dans son lourd sommeil; elle sentit une présence, une présence bienveillante, une présence qui berçait tout son être. Puis elle cru reconnaître le toucher d'une main dans la sienne; comme une main qui essaie de la ratrapper. Elle voulut ouvrir les yeux, mais ses paupières étaient trop lourdes.

- Je dois me réveiller, il y a quelqu'un qui m'attend ... Alandaros? Es tu enfin arrivé?

Son corps était raide et ses yeux clos; pourtant, derrière le voile qui les séparait; elle entendait chacune de ses paroles qui s'égrenait lentement et renforçaient les battements de son coeur. Elle devait faire cet effort, et s'étonnait elle-même d'avoir encore la volonté qui perdurait même dans les méandres de l'être qui se dissoud.

Plus Alandaros parlait, plus elle cherchait à s'accrocher à ses mots, tels aux barreaux d'une échelle. Peut être était ce le délire de la fièvre qui la faisait rêver pareil bonheur; mais elle était certaine que son coeur n'aurait pu la tromper, encore moins dans ces moments où les frontières de la conscience sont si floues et où l'on perçoit l'imperceptible.

Une larme coula sur sa joue lorsqu'elle reconnut le texte de St Paul, le texte du mariage ... Et le sel de sa larme, tombée au creux de ses lèvres; lui permit enfin de revenir à elle et d'entrouvrir les yeux. Alandaros était là, la tête baissée; les joues baignées de ses propres larmes. Il était là, et il récitait le cantique de l'amour pour elle. Elle se souvint de son consolamentum ... c'était différent à présent. Une deuxième larme sillona son visage; quelles tristes noces...

Alandaros s'arrêta à la fin de ce paragraphe, rentré en lui-même... Et alors, Azalaïs poursuivit faiblement ce qu'il avait commencé :


L'amour ...
L'amour est obstiné;
l' amour est serviable;
il n'est pas envieux;
L'amour ne fanfaronne pas,ne se gonfle pas;
il ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son interrêt;
ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal ...

Passé sa grande surprise; c'est de leurs deux voix qu'Alandaros et Azalaïs récitèrent la fin du cantique :

- Il ne se réjouit pas de l'injustice;
mais il met sa joie dans la vérité.
Il excuse tout,
il croit tout,
il espère tout,
il supporte tout.

Leur regard se perdait dans celui de l'autre à cet instant; ils connaissaient la fin du cantique; et Azalaïs la lui avait dite dans sa lettre. De ses doigts dans lesquels il ne restait que peu de force, Azalaïs serra la main d'Alandaros qui l'avait ramenée du monde de l'inconscient.

- Non Alandaros; il ne passera jamais; dit elle tout en fermant les yeux, souriant à cet instant si magique et si ironique à la fois.

Sa voix s'étrangla dans sa gorge, elle sentait le souffle lui manquer toujours un peu plus. Elle voyait l'angoisse sur le visage d'Alandaros, c'était là la seule chose qui changeait cette joie en bonheur mélancolique.

- J'ai bien cru ne jamais vous revoir, mais vous êtes là... Oh comment vous dire quel trésor vous venez de m'offrir; je crois, mon Alandaros, que si le Dieu auquel nous croyons existe, alors il a fait de ces instants la clé de mon paradis. Merci de ...

Elle toussa plus fort une fois de plus.

- Allez Azalaïs, une dernière fois; pour transmettre à cet homme la lumière qui anime ton être; se dit elle pour cristaliser sa volonté sur ces instants essentiels.

- Merci pour tout... je crois bien ... que je vais m'en aller... mon Dieu comme j'aimerais rester... ne pas vous laisser admit elle enfin dans un sourire triste, et à contrecoeur, sachant le tranchant d'un tel aveu.Malgré tout, c'est jour heureux... où enfin, mes paroles peuvent dire ces mots ... ceux là que nos yeux ont crié tant de fois. Ne pleurez pas ...n'ayez nul regret... laissez moi partir avec le souvenir de nos moments heureux ... Laissez mon souffle s'évader pour que notre amour ... devienne enfin éternité.

Sa tête s'affaissa entre les bras d'Alandaros; son corps de la portait plus.

- Je t'attendrai ...

Et alors, son thorax ne se souleva plus. Sa dernière larme vint se perdre sur un sourire serein.


Une histoire,c'est comme une fleur
Elle naît,elle vit

Et elle meurt ...


Au loin, le dernier rayon de soleil s'était à son tour couché.

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Alandaros

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MessageSujet: Re: Tant que le soleil n'est pas couché   22/05/06

Ce qu'il venait de s'offrir était éternel, et tout semblait prendre fin.

- Non... Azalaïs, je suis encore ici, nous ne pouvons en rester là.

Seul un miracle pourrait la faire revenir... un tel amour n'est-il pas plus fort que tout ?

- Revenez, une si grande aventure ne peut subir une telle fin...

Egarés par leurs dévotions, à présent trop clairvoyants.

- Oh seigneur laissez-nous la chance d'un bonheur ici bas !

Dieu, les cathares ont tant éprouvé pour vous.

- Nous avons donné nos vies pour le Catharisme et l'Occitanie...

Dieu, ne donnez pas la mort à la pureté, la vérité et l'amour.

- Ne me laissez pas, douce Azalaïs... ou rien ne comptera jamais plus...

Dieu, un cycle se termine, un autre commence... il cita:

"Tous ceux qui lui seraient soumis decendraient en bas et auraient le pouvoir d'y faire le mal et le bien, comme Dieu en haut; et il leur valait beaucoup mieux d'être en bas disait le diable, où ils pourraient faire le mal et le bien qu'en haut où Dieu ne leur permettrait que le Bien."

Il baissa la tête, puis assura soudainement:

- Le Diable ne l'emportera pas en son propre enfer, notre histoire serait d'un Bien absolu... Jamais plus je ne croirais en quoi que ce soit de plus qu'en l'amour véritable ! Azalaïs, voilà ce en quoi nous devons croire... Si vous n'êtes plus ici, je n'aurais plus aucune raison de vivre sans amour; je ne croirais plus en rien. Revenez, donnez vie à la croyance la plus pure...

Fanatiquement, Alandaros répéta de nombreuses fois cette phrase; il était comme bloqué, on l'aurait dit fou. Sa voix balbutiait, mais son coeur, son corps et son âme vibraient à l'unisson, jamais il n'avait dit quoi que ce soit dont il ne pouvait être plus certain, dans une harmonie inexprimable mais du plus cruel sarcasme imaginable...

- Revenez, donnez vie à la croyance la plus pure...

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Azalaïs
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MessageSujet: Re: Tant que le soleil n'est pas couché   22/05/06

Loin ... très loin ... Azalaïs se sentait emportée comme dans les courants marins. Elle dérivait; sans crainte, sans douleur, la conscience anesthésiée. Jusqu'où serait elle ainsi portée? Plus elle s'éloignait, plus elle se sentait légère.

Dans cet infini de paix; un cri soudain déchira le silence.


- Revenez ! ...

Qu'était ce donc?

- Revenez ! ...

Un autre cri, puis encore un autre.


- Revenez ! ...

Mais qui est ce ?

- Revenez, donnez vie à la croyance la plus pure...


- Alandaros ! C'est Alandaros qui m'appelle ...


- Ne me laissez pas, douce Azalaïs... ou rien ne comptera jamais plus...

Chaque cri la transperçait de tout son être, résonnait en elle par le lien qui s'était noué avec le temps et qu'à présent elle découvrait dans toute sa réalité. Et à chaque fois, c'était un nouveau déchirement. Est ce que dans la mort, on continue de verser des larmes avec ceux qui nous pleurent? Azalaïs se recroquevilla sur elle-même à la pensée que peut être, toute sa vie elle se sera battue sans espoir.

Je n'ai pas cru car je ne pouvait voir
Pourtant tu es venu à moi par une nuit
Quand l'aube semblait à jamais perdue
Tu m'as montré ton amour dans les étoiles

Elle se souvenait de ce texte, c'était celui des funérailles ... les funérailles qu'elle avait elle-même écrites; une mort où l'espoir demeure ... dans l'amour inscrit au milieu des étoiles.

L'amour, voilà donc ce qui reste quand la nuit est tombée, quand tout est fini ...


Reviens, donne vie à la vraie croyance la plus pure !


Et alors plus rien, une tornade, quelque chose qui la rattrapa et la tira avec force, l'étouffement et le premier souffle. Les yeux d'Azalaïs s'ouvrirent grands alors qu'elle inspirait de nouveau l'air de la vie; avec la même surprise du noyé qui retrouve par hasard la surface tant désirée. Finalement, sans savoir grâce à qui, grâce à quoi, n'était ce peut être qu'un rêve d'ailleurs; la mort avait cédé sur la vie.

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Alandaros

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MessageSujet: Re: Tant que le soleil n'est pas couché   22/05/06

Azalaïs était revenue, et plus rien ne serait comme avant: l'avenir, par la conscience d'un tel amour, était désormais entre leurs mains.

Sous les chocs consécutifs, Alandaros ne chercha pas à comprendre le pourquoi, le comment; pour lui tout était clair: il avait ramené sa bien-aimée, il l'avait sauvé alors qu'elle se trouvait à la limite du royaume des vivants, et cela grâce à la pureté d'un amour si longtemps gardé secret, si secret qu'il s'était même empêché de le montrer à l'autre; et si puissant, si puissant qu'il dépassait toutes les croyances.

Immédiatement, il enlaça le corps fatiguée d'Azalaïs, comme pour enfin lui prouver qu'à présent; sa protection serait totale, son amour dévoué et pour toujours déclaré. Tout était inscrit dans leurs regards, leurs yeux refletaient la profondeur de leur âme. Il embrassa alors intensément Azalaïs; il n'avait jamais autant aimer la vie. Au delà des Dieux, l'amour; la plus pure, véritable et intense croyance.

A présent, il fallait rattraper le temps; construire leur nouvelle vie. Un nouveau cycle...

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MessageSujet: Re: Tant que le soleil n'est pas couché   22/05/06

A peine revenue à elle; Azalaïs sentit la force avec laquelle Alandaros l'étreignait. Elle crut un instant que le rêve se poursuivait; pourtant ce n'était pas le cas. Chaque parole, chaque baiser, dont Alandaros la recouvrait distillait en elle un peu de force nouvelle, la force qui trouve sa source dans leur amour commun, abreuvant la plus grande espérance.

Ces secondes s'étirèrent jusqu'à l'infini, elle voulait qu'elles ne s'arretent jamais. Qu'était il arrivé? Ni elle ni lui ne le sauraient sans doute; parfois, la force de la foi peut faire des miracles ... et quelle foi! La foi en un avenir nouveau, alors que tout se trouvait au bord du précipice.

Lorsqu'Azalaïs eut retrouvé un peu d'énergie entre les bras de son aimé; elle pu à son tour le presser contre elle ... afin que ni lui ni elle ne s'en aillent plus jamais.

La nuit passa ainsi, lovés ensemble au creux de l'autre, partageant la même vie qui un soir sauva plus qu'une jeune femme malade, mais deux êtres pour un seul destin,deux âmes pour un seul coeur.

La convalescence serait surement longue, mais le plus fort du mal était derrière. A présent, Azalaïs ne serait plus seule, elle pourrait enfin se reposer auprès de celui qui avait révolutionné son existence.


Une histoire,c'est comme une fleur
Elle naît,elle vit
Et elle meurt ...

Avant que de renaître,lorsque vient son heure.

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